
Festival Etonnants Voyageurs - Saint Malo 07 Mai 2005
Ce fut ma première "vraie" rencontre avec Alan. Je l'avais abordé déjà en fin de concert pour lui demander des dédicaces de disques mais je n'avais jamais eu l'occasion de passer un après-midi et une soirée en sa compagnie, sans oublier Marie-Jo. Ce fut aussi pour moi l'occasion de lui offrir la première version papier de "Harpographie". Je garde de ces heures un souvenir très ému, ayant découvert un homme simple, très à l'écoute de son public, et ce que l'on ignore souvent : plein d'humour. Il m'a entre autres accordé cet interview pour parler de son livre et de ses projets futurs. |

Yann-Bêr : Bonjour Alan et merci de m’accorder un peu de votre temps pour cette interview exclusive. Je suis heureux de vous retrouver au cours du Festival "Etonnants Voyageurs" de Saint-Malo. Venez-vous souvent dans cette ville ? Alan Stivell : St-Malo, je n’habite pas très loin et j'étais persuadé, en m’installant dans la région de Rennes, que je viendrais tous les deux ou trois jours. En fait, c’est beaucoup moins souvent. Mais c’est vrai que la mer n’est pas loin . C’est une mer assez vivifiante et même assez inspirante musicalement. Y-B : L’objet de votre présence sur le Festival était une séance de dédicace du livre « Telenn, la harpe bretonne ». Quel a été l’accueil réservé à cet ouvrage en général et que pensez-vous du public venu vous rencontrer ? |
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Séance de signatures. Alan et son public : rencontre et convivialité. |
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Y-B : Vous avez écrit ce livre en collaboration avec Jean-Noël Verdier, qui reste très discret. Pouvez-vous nous le présenter un peu ? A. S. : Ah ! Jean-Noël n’a pas été si discret que vous le pensez, il a réalisé des séances de dédicace, desinterviews surtout sur Paris. Nous avons même fait une séance de signatures commune lors du dernier salon du livre de Paris. Y-B : "Telenn, la harpe bretonne", est paru dans le cadre du 50ème anniversaire de la renaissance de la harpe en Bretagne. N’avait-il pas également pour but de faire cesser la polémique autour de la paternité de cette renaissance ? A. S. : En fait, c’est assez compliqué comme histoire. A un moment donné, on doit des choses à plein de monde. Moi aussi, je dois des choses à plein de gens. Mais le public, lui, a droit à une certaine objectivité dans la chronologie pour essayer de clarifier un certain nombres de choses. Par exemple, je ne vais pas dire que j’ai inventé les bagadoù, que j’ai fait renaître le biniou et la bombarde. Chacun a fait ce qu’il a fait et il ne s’agit pas d’occulter ce qu’on fait d’autres personnes mais d’être précis afin de permettre de comprendre comment se sont déroulés les évènements et d’être ainsi le plus proche de la réalité. |
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Y-B : Le 50ème anniversaire aura été très riche : un disque "Au-delà des mots" ; un coffret CD-DVD " Parcours" ; une tournée internationale ; le livre aussi. Il y eut un cinquième événement majeur : la naissance de la nouvelle harpe Stivell-Camac-1. Sa première présentation en concert eut lieu ici même à St-Malo en octobre 2003. Cette nouvelle harpe a-t-elle répondu à vos attentes ? A. S. : Disons que parmi les harpes construites avant celle-ci, la dernière "Leo Goas" à cordes métalliques reste un très bon instrument. Les autres sont maintenant dépassées et même la harpe « plexiglas » ne me satisfaisait plus.
Y-B : Pourtant quel instrument mythique ! A. S. : Oui mais la nouvelle Stivell-Camac a de nombreux avantages, le passage des cordes par le milieu, les clés de guitare pour l’accordage, le fait d’être entièrement « midi» et d’être très stable à l’accord.
Y-B : Outre ce prochain album, allez-vous travailler à nouveau dans la lignée de la "Symphonie Celtique" ou de "Un Douar" qui ont montré l’universalité de la musique celtique et ont permis la rencontre avec de nombreux artistes ? A. S. : Pas dans l’immédiat car on ne peut pas tous les jours envisager ce genre de collaboration, rien n’est cependant impossible à l’avenir. Sur le nouvel album, il est évident qu’après avoir fait tout ce que j’ai fait pour la harpe ces derniers temps, je laisserai plus de place au chant, à un accompagnement instrumental plus varié. Mais je ne veux pas divulguer certaines choses car je veux rester très libre par rapport à ma façon de travailler et à mon évolution, donc je préfère ne pas trop en parler maintenant. Y-B : Tout à fait d’accord avec vous. Donc pour résumer : un projet pour la harpe, un autre avec un nouvel album, les fans vont attendre ! A. S. : On peut quand même annoncer les rééditions qui auront lieu cette année avec une nouvelle maison de disques "Harmonia Mundi". Quatre albums ressortiront au printemps dont "Dublin, Brian Boru, la Symphonie" , quatre autres à l’automne. Les disques seront remasterisés pour une meilleure qualité sonore et j’ai beaucoup retravaillé sur les livrets afin de donner plus de renseignements sur les titres.
Y-B : Trugarez vras deoc’h, Alan. Kenavo ! (Grand merci a vous Alan. Au revoir !) A. S. : Kenavo ! |
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Alan et Yann-Bêr |
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L'affiche qu'il m'a signée ce jour là
| Photos et interview : Yann-Bêr |