Tour en fête - Brest, 5 juillet 2008

Après Yann-Bêr, c'est à mon tour de faire ma première "vraie" rencontre avec Alan. Moi aussi j'ai eu l'occasion de l'aborder en fin de concert pour lui demander des dédicaces et je corresponds très régulièrement avec lui, mais je n'avais jamais pu passer un aussi long moment en tête à tête avec lui.
Le lendemain de sa prestation à l'émission de Michel Drucker, il m'a invitée à prendre un café dans le salon de l'hôtel "le Continental". J'arrive donc très tendue et impressionnée dans ce lieu où sont logés quelques uns des artistes conviés. Je croise ainsi Georges Moustaski qui me serre la main et ne fait qu'en rajouter à mon stress... Ce dernier ne durera pas longtemps dès lors qu'arrive Alan. Calme, détendu, il commande les cafés et nous nous installons dans un petit coin.
N'ayant aucune vocation de "journaliste", je n'ai rien préparé, ni questionnaire, ni sujet précis de conversation. Cela semble tout à fait convenir à cet homme très simple, d'une extrême gentillesse et très humain qui parle librement. Très vite j'ai l'impression de l'avoir toujours connu et de converser avec un ami que je n'ai pas vu depuis seulement quelques semaines. Il m'a fait rire à plusieurs reprises et c'est, je crois, un trait à souligner car j'ai trop souvent vu, écouté et lu des reportages où le personnage est présenté de façon très sérieuse à croire qu'il n'a aucun humour...

Nous avons donc parlé d'un peu de tout et il me sera dur de dresser la chose façon interview tant les sujets changeaient rapidement. Voici cependant quelques unes des questions évoquées.

 

Mireille : Je ne t'ai pas vu à la répétition de l'émission  d'hier. Tu y étais ?

Alan Stivell : Oui bien sûr mais comme je passais en premier, c'était le cas aussi pour la répétition. Comment mon passage a-t-il été perçu côté public ?

Assez bien je pense. C'est vrai que comme j'étais coincée devant pour être bien placée par rapport aux photos, la voix me semblait plus criante que l'accompagnement.              

Oui je sais, ce n'est jamais bon au niveau du son quand on est au premier rang. Toute l'équipe était très tendue au vu des conditions atmosphériques. Nous avons dû chanter avec des accompagnements musicaux enregistrés et ce n'est jamais évident pour nous de travailler avec des données qu'on ne maîtrise pas car je ne peux pas être à la place du technicien du son qui fait les balances. Cela dépendra aussi de sa propre perception des choses selon qu'il préfèrera privilégier l'aspect rock ou l'aspect acoustique des instruments. C'est comme faire confiance à un pilote de ligne. On peut essayer de donner le meilleur, si on n'a pas accès aux manettes la réception côté public peut être désastreuse et c'est assez angoissant avant de commencer de se dire que tout dépend de ce pilote.

Ce n'était quand même pas si mal que cela et le rendu était meilleur à la télévision.

Oui de toutes façons, ce sont les conditions du direct et on peut admettre une certaine indulgence puisque justement on ne contrôle pas tout, ce n'est pas comme pour un disque où là je peux tout maîtriser et je n'ai pas le droit à l'erreur. Cela peut être angoissant aussi.

Je pense que c'est tout simplement humain. Nous sommes tous confronté à cela. Justement puisque tu parles disques, tu en es où avec le prochain ?

Ah là là, le temps est aussi difficile à maîtriser dans le domaine. J'y travaille bien sûr et j'ai voulu donner des dates mais je m'aperçois que c'est long surtout pour le travail en studio et que j'aurai peut-être du mal à tenir ces dates même si je m'enferme en studio tout l'été... Je suis aussi tellement curieux et j'ai envie de faire tellement de choses !...

Excuse-moi mais je crois que là c'est encore terriblement humain, même moi, à ma petite échelle, je ne cesse de me reprocher de ne pas aller assez vite pour le site, de laisser des quantités de pages à l'état de brouillon et puis aussi... (nous nous interrompons avec regards et sourires entendus !). Ecoute, les "fans" attendrons, prends ton temps, d'autant que le côté Internet avec ton site officiel, ton blog-forum, ton myspace semblent bien t'accaparer également ?

Je ne fais que peu d'interventions sur le site officiel, en dehors du cadre "promo" pour tenir les visiteurs au courant de mon actualité. Je les répercute aussi sur le "Myspace". Quant au blog, j'avoue qu'il y a là un côté un peu addictif de retourner chaque jour voir les questions des utilisateurs et de vouloir répondre...

Je connais cela aussi, il n'y a rien à faire, il faut y aller tous les jours (rires de part et d'autre).

Beaucoup de gens m'interpellent également quant à mon engagement pour la langue. C'est vrai que je suis très heureux de voir l'expansion de l'enseignement du breton dans les écoles même si des problèmes subsistent encore (...) J'aime beaucoup m'intéresser à l'étymologie des mots, rechercher les racines communes par rapport aux autres langues celtiques et trouver un sens aux mots (il me cite pleins d'exemples). Il y a des néologismes que j'aime beaucoup en breton et qui traduisent de façons très réelles voire poétiques les mots ou expressions en français (beaucoup d'exemples cités encore) mais d'autres ne sont vraiment pas pratiques parce que beaucoup trop longs car ils rajoutent des mots inutiles (encore des exemples).

Nous parlons encore de beaucoup de choses et d'autres mais le temps passe et j'aperçois Marie-Josée qui s'active aux préparatifs de départ avec des paquets plein les bras... Tu rentres sur Betton ?

Pas tout de suite. Je passe d'abord dans ma maison à Carnac.

Je vais donc te laisser. Me permets-tu quelques photos pour le site ?

Oui, bien sûr, on va essayer de ne pas trop "poser" ? (Raté !)

Trugarez bras dit ha kenavo.

Kenavo !

Photos et interview : Mireille.