Je dois avouer que je n’ai pas lu entièrement l’ouvrage, j’ai visé les passages qui me concernaient le plus. Je vous propose donc une vue partielle mais elle révèle déjà les faiblesses de l’ensemble.

Nous attendions un monument dans l’édition bretonne : il faut dire que la sortie d’un ouvrage de 3,5 kg annoncé comme un travail  «scientifique» et mis à la disposition de tous semblait très alléchante.
C’est au contraire une grosse déception qui est arrivée, dans le fond comme dans la forme : dans la rédaction d’abord avec des articles beaucoup trop succincts, et des oublis : le chapitre concernant les bombardements de la 2nde guerre mondiale ignore superbement celui de St-Malo. Dans l’iconographie également,  on s’attendait à mieux, il y a même au moins une erreur grossière de localisation sur une des cartes (Ploudalmézeau en lieu et place de Plouguerneau).
J’ai recueilli quelques  avis de lecteurs qui ont trouvé le livre intéressant, il s’agissait de personnes qui découvraient  l’Histoire de Bretagne et qui n’ont donc pas connu  les ouvrages publiés par l’éditeur depuis les années 70 et jusqu’au début des années 2000 ; ils avaient une réelle valeur pédagogique. Pourquoi n’a-t-il pas poursuivi dans cette voie ? L’utilité même d’un dictionnaire global était-elle nécessaire ? Ou alors il fallait quelque part y adjoindre une chronologie avec renvoi aux articles (à la place de la litanie bibliographique qui n’intéressera pas grand monde et qui aurait pu être offerte à la consultation sur le site Internet de l’éditeur) ?
L’orientation générale de ce dictionnaire est telle que j’ai mis le terme scientifique entre guillemets, je ne veux pas remettre en cause le travail effectif de la plupart des auteurs, je regrette seulement qu’on ne leur ait pas donné la place pour rendre compte réellement de leurs recherches, on a l’impression d’articles taillés à la hache ne devant pas dépasser un certain nombre de caractères. Je souhaite qu’ils aient dans le futur la possibilité de s’exprimer pleinement.

Je finirai par une petite liste de quelques points, ce qui me semble plus efficace qu’un long discours :

Le prix, qui s’il est justifié vue la taille de l’ouvrage, ne permettra pas au plus grand nombre de se l’offrir, nous sommes ainsi assez éloignés de la vulgarisation prônée par Skol Vreizh depuis sa fondation. J’en reviens à l’idée de chronologie en pensant qu’un ouvrage édité en plusieurs tomes selon les époques historiques aurait été plus facile à acquérir.

L’impartialité d’un des auteurs principaux qui ne cache pas son attachement à la région PDL (Pays De Loire) et ressasse les errements (qui ne sont pas niables) d’une minorité du mouvement  breton  comme si tous les Bretons avaient été des terroristes ou des fascistes ou le seraient encore. Quand va-t-on enfin tordre le cou à cette conception désastreuse ?

L’absence d’un personnage incontournable de l’Histoire bretonne et de son ouvrage «Essai sur la démocratie française, ou comment peut-on être Breton ?» : Morvan Lebesque  (obligé : cf point 2).

Je garde pour la fin ce qui me fait le plus m’insurger : le traitement très insuffisant du rôle du mouvement culturel et principalement musical depuis l’après-guerre et les années 1970. Glenmor, Youenn Gwernig, Gilles Servat et bien entendu Alan Stivell (et tant d’autres) auraient largement mérité chacun un article, on ne trouve que quelques citations de leurs noms, c’est bien maigre quand on connaît leur participation à l’Histoire contemporaine. A remarquer qu’Alan ne figure même pas dans la liste des noms cités en fin d’ouvrage !!! On atteint un sommet de non-sens.

Yann-Bêr.

J'ajouterais à ces propos mes impressions d'un point de vue pratique :

Pourquoi un ouvrage si lourd ??? On s'y perd dès l'ouverture du bouquin. On ne sait où ni comment chercher. Pourtant,  j'ai l'habitude des dictionnaires et autres encyclopédies mais là, je dois avouer que je n'ai pas réussi à m'y retrouver dans cet amalgame qui ne tient ni des définitions avec la rigueur alphabétique, ni du livre documentaire. Moi aussi, je suis tentée de comparer avec ce que je connais mais c'est vrai qu'un ouvrage comme le dictionnaire en breton "Geriadur Brezhoneg" de "An Here" qui lui aussi était une collaboration de plusieurs auteurs était tout de même mieux construit et plus rigoureux. J'ai également appris bien plus par le passé dans les publications de "Skol Vreizh".

Il me semble ici aussi difficile de satisfaire le "touriste" qui ne connaît pas la Bretagne et à qui on en dira trop (difficile de partir en balade avec ce pavé dans la poche !), que le chercheur qui va rester sur sa faim. La solution devrait donc être de chercher dans "l'index" ce qui nous intéresse mais là aussi on s'y perd. Exemple justement "Alan Stivell", présent quand même à force de chercher mais hors de toute logique car dans les "A" comme "Alan", donc le prénom. Hors tout le monde sait - c'est d'ailleurs le cas pour les autres personnalités citées - qu'on doit d'abord indexer sur le nom patronymique!... Et puis, c'est vrai, on ne lui accorde qu'une citation obsolète ici et là, aucun article. Au point qu'il semble incongru pour notre site de l'intégrer dans cette rubrique. L'autre possibilité est de chercher à "Cochevelou" mais là, on n'y trouve que son père, Jord.

Je n'irai pas plus loin car j'ai renoncé à lire plus profondément ce délayage sur lequel je risquerai de m'endormir. Seul réconfort, le côté esthétique des photos. Autant alors se contenter des nombreuses publications existantes dans le domaine. Heureusement que Yann-Bêr m'a prêté ce poids lourd car j'aurais trouvé dommage de l'acheter...

Mireille.