La "petite histoire" :

J'ai rencontré Léo Goas au cours d'une exposition dans le cadre du Festival Interceltique de Lorient en 1985. Je souhaitais avoir une harpe autre que les "standards" Camac, mon envie étant d'approcher le plus possible le modèle de la harpe qu'Alan utilisait sur scène à cette époque et qui me faisait tant rêver. Bien que n'ayant aucun modèle de ce type exposé, il me dit qu'il avait les plans de la harpe de Vincenzo Zitello (cf. page Stivell/Sanginetto) et qu'une copie était envisageable. Il me convie donc dans sa ferme pour étudier tout cela de plus près et nous nous mettons d'accord pour cette réplique exacte.
Comme je lui rendais souvent visite, j'ai vu cet intrument naître petit à petit entre ses mains car il n'utilisait que très peu de machines électriques. Fait de bois nobles avec collages à l'ancienne j'étais admirative devant ce travail. Moitié breton, moitié hollandais, ce qui lui conférait un accent inimitable, les discussions allaient bon train. Léo Goas était un personnage fabuleux qui alliait rigueur technique presque maniaque et fantaisie dépassant souvent celle qu'on pourrait imaginer. Ses histoires drôles et ses coups de colère quand ça ne marchait pas comme il voulait m'ont souvent fait rire ou trembler !
Il ne travaillait pas encore pour Alan à ce moment car il commençait seulement en tant que luthier professionnel mais il rêvait de le faire. Au vu du résultat quand il m'a livré cette harpe, je l'ai fortement incité à prendre contact et je pense que je n'ai pas été la seule.
En a suivi cette collaboration intense et fructueuse que nous exposons à suivre. Il n'exerce plus en tant que luthier actuellement... Dommage !

Mireille.